APCE – Déclaration sur la politique de la Turquie en Syrie

La présidente de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE) Anne Brasseur s’est prononcée sur la politique de l’AKP sur la Syrie et a demandé à la Turquie de se joindre à la lutte contre Daesh.
La présidente a souligné la nécessité d’adopter une perspective globale dans la lutte contre Daesh et a décrit la politique du gouvernement de l’AKP sur la Syrie comme étant compliquée et pas claire. Brasseur a déclaré que la Turquie devrait changer sa politique envers la Syrie et a appuyé le rôle crucial que prendrait un gouvernement de coalition dans cette transformation. Rappelant l’absence d’un gouvernements de coalition, Brasseur a déclaré que les problèmes ne pouvaient être résolus qu’au travers de débats et d’accords mutuels entre les différents groupes.

La présidente de l’APCE a par ailleurs souligné l’importance du succès électoral du HDP et a déclaré que le seuil obligatoire des 10% était injuste. Brasseur a également dénoncé la passivité de l’Union européenne face à la crise des réfugiés et a déclaré que cette dernière devrait augmenter considérablement son soutien à la Turquie pour les réfugiés dont le nombre est actuellement d’environ 2 millions.

Brasseur a terminé sa déclaration en avertissant du fait que nous souffrirons d’avantage de radicalisme et d’intégrisme dans le futur si nous n’établissons pas dès aujourd’hui des réseaux d’éducation pour les jeunes réfugiés.

 

Concernant les élections législatives du 07 juin, un rapport rédigé par Tony Kox (Pays-Bas), approuvée le 21 Juin par l’Assemblée, a accueilli positivement que les électeurs puissent choisir parmi un large éventail de partis politiques mais a critiqué le seuil des 10% nécessaire pour entrer au Parlement,  ce qui limite selon le rapport le pluralisme politique. L’APCE a réitéré sa demande auprès des autorités turques pour que ce seuil soit sensiblement baissé à l’avenir.

Les parlementaires ont par ailleurs exprimé leurs inquiétudes sur le “nombre élevé d’attaques contre les bureaux du parti et d’incidents graves, d’agressions physiques pendant les campagnes”, dont certains ont donné lieu à des décès. Ils ont demandé que les résultats des enquêtes lancées par les autorités “devraient être rendus publics dès que possible et que leurs auteurs doivent être traduits devant les tribunaux.”

Dans son discours, Tony Kox attiré l’attention sur l’importance de la réussite du HDP d’avoir dépassé le seuil, mais a déclaré que les attaques contre le parti au cours de la période de la campagne électorale, sur l’intervention du président Erdogan aux élections et sur les inégalités entre le niveau de moyens disponibles pour les partis politique et ses répercussions sur les élections. Kox a critiqué le seuil électoral obligatoire des 10% et a ajouté que le succès du HDP était un signe de maturité de la démocratie turque.

Le membre du parti DIE LINKE, Andrej Hunko, a déclaré que les élections avaient marqué un tournant en Turquie et que les résultats n’étaient pas seulement un succès pour les Kurdes mais aussi pour toutes les forces de la démocratie. Hunko a ajouté que ce succès signifiait le début d’une nouvelle ère pour toutes les forces de la démocratie et a critiqué le président turc de ne pas être resté neutre dans les élections. Hunko a dénoncé chacune des attaques qui ont ciblé le HDP au cours de la période pré-électorale et a souligné que le gouvernement avait la responsabilité de ces attaques.

Le rapporteur de l’APCE pour la Turquie Josette Durrieu a souligné que les Kurdes avaient gagné une double victoire lors des élections et que le perdant était Erdoğan. Durrieu a déclaré que les Kurdes avaient d’une part surmonté le seuil électoral injuste et gagné la représentation au Parlement, et qu’ils avaient apporté la question kurde, problème le plus important du pays, au premier plan de l’agenda politique de l’autre. Durrieu a également souligné que les élections ne s’étaient pas déroulées de façon suffisamment équitable et a critiqué l’intervention du président lors de la campagne électorale. Durrieu a en outre ajouté que les Kurdes avaient introduit une nouvelle et importante initiative dans leur lutte, et que cela se concentrera davantage sur le champ politique à travers leur participation au parlement.