L’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE) s’inquiètent de l’escalade de la violence dans le sud-est de la Turquie

Ingebjørg Godskesen (Norvège, CE) et Nataša Vuckovic (Serbie, SOC), corapporteures de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE) pour le dialogue postsuivi avec la Turquie, ont fait la déclaration suivante, en réaction à l’attaque d’hier du commissariat de Çinar (Diyarbakir) qui a fait six morts, dont trois enfants, et 39 blessés.

« Il s’agit d’une nouvelle flambée de violence inacceptable dans le sud-est de la Turquie, théâtre depuis six mois d’opérations militaires continues et de troubles. Nous sommes alarmées par cette escalade de la violence, et en particulier par ses effets sur la population qui a payé un lourd tribut : beaucoup trop d’habitants ont déjà été victimes des combats.

Un couvre-feu permanent est imposé à Sur (Diyarbakir), à Cizre et à Silopi depuis maintenant six semaines. Compte tenu des informations qui nous ont été communiquées, nous nous inquiétons du sort de la population et de son accès aux soins médicaux, à l’eau, à l’électricité, à l’éducation et aux autres besoins fondamentaux que la guérilla urbaine et les opérations de sécurité en cours perturbent. Des milliers de personnes ont déjà fui ces régions.

Nous exhortons toutes les parties à s’abstenir de toute nouvelle violence, à déclarer un cessez-le-feu et à reprendre les pourparlers de paix qui sont une nécessité impérieuse. Dans ce contexte, il convient aussi de garantir la liberté d’expression et celle des médias de manière à ce que les citoyens puissent être dûment et pleinement informés et qu’ils puissent discuter de la question kurde sans crainte, dans une société démocratique et conformément à la Convention européenne des droits de l’homme.

Nous attendons des autorités qu’elles veillent à ce que les opérations militaires, si elles sont jugées nécessaires pour lutter contre le terrorisme dans la région, soient menées dans le respect des normes internationales, en tenant compte des besoins humanitaires des citoyens, de leur droit à la sécurité, de la justice qui doit être rendue à ceux qu’ils ont perdus et de la réparation des dommages subis ».