Conférence de presse au Parlement européen concernant les massacres de l’AKP

Une conférence de presse a été tenue aujourd’hui au Parlement européen de Strasbourg concernant les violations des droits humains du gouvernement de l’AKP dans la région kurde de Turquie.

Le député HDP pour la ville de Urfa Osman Baydemir, le député HDP pour la ville de Batman Ali Atalan et le représentant du HDP au Parlement européen Faik Yağızay ont pris part à la conférence de presse conjointement avec le groupe de la Gauche unie.

Marie-Christine Vergiat, du Groupe d’amitié kurde au Parlement européen, Takis Hadjigeorgiou, co-président de la délégation de la Commission parlementaire mixte UE-Turquie et le membre du Parlement européen Miguel Urban Crespo ont également assisté à la conférence de presse qui a appelé l’Union européenne et les autres institutions européennes à prendre des mesures contre les massacres de l’État turc dans le nord du Kurdistan.

Osman Baydemir a attiré l’attention sur les attaques génocidaires menées contre la population kurde par les forces de l’AKP, décrivant la situation comme un «état de guerre violant de manière flagrante les droits de l’homme». Baydemir a rappelé que plus de 650 personnes civiles avait été tuées et 450 000 déplacées de force au cours des 10 derniers mois sous prétexte de “contre-terrorisme”. Attirant l’attention sur l’artillerie lourde et les chars déployés contre les espaces résidentiels, Baydemir a souligné que le Parlement européen, l’Union européenne et d’autres institutions devaient visiter de toute urgence la région kurde et assister à la destruction en cours sur le terrain. Il a signalé par ailleurs que les membres de la presse indépendante n’étaient pas autorisés à couvrir le conflit en cours dans la région, alors que l’auteur des crimes jouissent de la plus totale impunité.
Baydemir a enfin souligné que l’Europe devait prendre l’initiative pour une reprise du cessez-le feu et des pourparlers pour les négociations et éviter de tomber dans le chantage d’Erdoğan concernant les réfugiés.

Prenant la parole après, Takis Hadjigeorgiou, co-président de la délégation de la Commission parlementaire mixte UE-Turquie, a déclaré;

“Le processus du cessez-le feu était important pour le Parlement européen pour un arrêt de l’effusion de sang lorsque les négociations entre les deux parties continuaient. Quand nous sommes allés dans la région à majorité kurde, les gouverneurs en particulier ceux de Diyarbakır ont rejeté notre demande pour une rencontre avec eux malgré le fait que la question kurde ne peut être résolue que par des négociations “.

Le membre du Parlement européen Miguel Urban Crespo a déclaré, suite à ses observations au cours de leur visite dans le nord du Kurdistan;

“La ville de Diyarbakır a été secouée par les bruits de tirs d’artillerie. Ce n’est pas une situation normale, mais vraiment un état de guerre. Les administrateurs de la municipalité, les travailleurs, les politiciens et chaque personne à qui nous avons parlé sont sous une grande pression”.

Marie-Christine Vergiat, présidente du Groupe d’amitié kurde au Parlement européen a ensuite pris la parole et également attiré l’attention sur les massacres commis par l’AKP contre le peuple kurde: “Ce que nous avons vu, et appris, montre que l’État ne respecte pas les lois de la guerre, et encore moins les droits humains.”