Délégation du HDP – Participation à la Commission des Affaires étrangères au PE

Une délégation du HDP composée de Selahattin Demirtas, co-président du parti, de la députée HDP pour la ville de Şırnak Leyla Birlik, du député HDP pour la ville de Bingöl Hişyar Özsöy, et du représentant du HDP en Europe Eyyup Doru ont rencontré le président de la Commission des Affaires étrangères au Parlement européen (AFET) Elmar Brok avant de prendre part au débat lors de la réunion générale de la Commission des Affaires étrangères.

Demirtaş a pris la parole lors du débat et a rapporté que le pays traversait une phase alarmante en citant la suspension de la constitution, la violation des droits politiques et celle des médias ainsi que la levée de l’immunité des députés de la Grande Assemblée, mais également l’arrêt des pourparlers concernant le processus de paix.

Demirtaş a dénoncé par ailleurs la “stratégie Erdoğan”, utilisée pour enflammer les sentiments nationaux et faire du Président Recep Tayyip Erdoğan “Le seul homme au pouvoir”.

Les députés de la Commission des affaires étrangères ont exprimé leur solidarité avec les efforts de M. Demirtaş pour relancer les pourparlers concernant le processus de paix et ont estimé qu’il n’y aurait pas de régime de libéralisation de visa pour les Turcs si l’état de droit était compromis avant d’ajouter que si la Turquie continuait à saper les principes de l’état de droit et à ôter leurs immunités aux membres du Parlement de Turquie, cette dernière ne devait dès lors plus s’attendre à se voir accorder un régime européen d’exemption de visa.

Les députés ont par ailleurs exprimé leur inquiétude suite à l’information émise par M. Demirtaş selon laquelle l’opposition pourrait être placée derrière les barreaux dès la semaine prochaine pour “propagande terroriste”.

Plusieurs députés européens ont déclaré qu’en mettant l’opposition en prison et en négligeant les principes de l’état de droit, la Turquie ne devait pas s’attendre à obtenir un régime européen de libéralisation de visa dans un avenir proche.

Une grande majorité des députés ont exprimé leur solidarité avec les efforts de M. Demirtaş pour relancer les pourparlers du processus de paix et ont appelé l’Union européenne à dénoncer la violence et les attaques en cours dans les régions kurdes, convenant que “la solution ne se trouve pas dans la violence ou les armes à feu, mais dans les négociations”, et appelant le Parlement européen à agir en tant que médiateur.

Interrogé par plusieurs députés sur l’avenir de l’accord UE-Turquie en matière de migration, le co-président du HDP a déclaré que les réfugiés “ne sont pas un lourd fardeau pour nous […], mais ils ne peuvent retourner dans leur patrie que si la Syrie retrouve la stabilité.” Il a également noté que le président Erdoğan ne devrait pas prendre seul de décisions sur l’avenir des relations UE-Turquie ou sur l’annulation des accords UE-Turquie.

Kati Piri, le rapporteur pour la Turquie du PE s’est également exprimé dans le panel et a évoqué la levée des immunités des parlementaires du HDP, confirmant que le Parlement européen n’approuvera jamais l’accord sur les visas si la Turquie emprisonne ne fut-ce qu’un parlementaire du HDP.

S’adressant à Selahattin Demirtaş, Piri a déclaré “Le Parlement européen ne sera jamais signer l’accord de visa si vous (Selahattin Demirtaş) ou vos collègues (parlementaires HDP) êtes emprisonnés.

Piri a rappelé que la majorité du Parlement européen était très critique vis-à-vis de la Turquie dans de nombreux domaines, et a conclu en disant que le HDP  était la cible principale de la levée des immunités en Turquie.

La même délégation a ensuite rencontré Kati Piri personnellement, ainsi que Rebecca Harms, co-présidente du groupe des Verts/Alliance libre européenne au Parlement européen.

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