Appel urgent du HDP concernant la guerre dévastatrice à Lice

La politique de guerre du Président Erdoğan et de son gouvernement l’AKP dans les provinces kurdes du pays depuis juillet 2015 atteint des proportions alarmantes.

Les couvre-feux illicites et les opérations militaires continues ne cessent de nuire à la population civile et à l’environnement écologique de la région.

Les lourds dégâts causés par les incendies de forêts provoqués par les forces militaires turques la semaine dernière et les “mesures de sécurité” infligées aux habitants de la ville de Lice illustrent à nouveau la guerre destructrice menée envers le peuple kurde.

Le 16 Juin 2016, neuf quartiers du district de Lice de la province de Diyarbakir ont été déclarés “zones de sécurité militaire temporaires” et des opérations militaires y sont toujours en cours.

Les couvre-feux sont toujours en vigueur dans 38 villages du district, dont certain imposé en pleine journée avant une opération militaire. Les principales artères et routes du village sont bloquées par les forces de sécurité, empêchant les entrée et les sorties des habitants.

Des rapports selon lesquelles les villageois sont persécutés, menacés et battus par les forces de sécurité émergent petit à petit. Les citoyens vivant dans les villages périphériques où les affrontements se produisent disent que les soldats ne leur permettent pas de quitter les lieux, et que quand ils peuvent sortir ils se retrouvent harcelés par des hélicoptères.

Parallèlement à ces formes de violence envers les populations locales et la restriction flagrante des libertés pour des raisons de “sécurité”, les incendies de forêt constituent une autre forme de ravages que la guerre provoque à Lice et dans d’autres provinces kurdes.

Depuis le début des opérations militaires à Lice, environ 50 000 hectares de forêt ont été brûlées à la suite des bombardements aériens par les F-16 ou les hélicoptères Skorsky.

Les feux de forêt progressent actuellement en 150 points vers les villages situés dans les districts de Lice, Hani, Kocaköy et Hazro. Les incendies ont détruit la majorité des champs de blés, qui constituent une importante source de revenu dans la région. Les tentatives jusqu’à présent pour atteindre les citoyens dans ces villages ont échoué. Pendant ce temps, les unités d’opérations spéciales ont évacué de force certains villages afin d’utiliser ceux-ci comme bases militaires.
Les feux de forêt délibérément déclenchés par les forces de sécurité doivent être considérés comme l’une des stratégies de guerre de l’État.

Les forêts brûlées au cours des trente dernières années de guerre font partie intégrante des politiques de sécurité de l’État, ravageant l’équilibre écologique et l’habitat des êtres vivants.

Après la fin du processus de négociation de paix, il y a eu une forte augmentation du nombre d’incendies de forêt dans les provinces kurdes. Plus de 255.510 hectares de forêts incendié a coïncidé avec la reprise de la guerre en Juillet 2015, durant lesquelles les pompiers ont été empêchés d’accéder à la zone.
Il est clairement stipulé, dans la convention de Genève, que la vie et les espaces doivent être protégés pendant les guerres. En omettant d’intervenir lors de ces incendies, le gouvernement turc et ses forces de sécurité violent les normes juridiques internationales.

Une réaction internationale à cette guerre destructrice en Turquie serait un effort précieux dans la prévention immédiate de ces agressions, dont la population civile et l’environnement payent le plus lourd tribut.

Hisyar Ozsoy
Vice Co-Président pour les Affaires étrangères
Deputé HDP pour la ville de Bingöl 
28 Juin 2016