Conférence de presse au PE sur les arrestations des députés du HDP

thumbs_b_c_7a488c098af2d9f9b8fde6496378c6eeUne conférence de presse organisée par le Groupe d’amitié kurde s’est tenue ce matin au Parlement européen pour dénoncer les récentes arrestations des députés du Parti Démocratique des Peuples en Turquie et notamment de ses deux co-présidents Selahattin Demirtas et Figen Yüksekdag.

Les deux présidentes du Groupe Marie-Christine Vergiat (GUE/NGL) et Bodil Valero (Verts/Ale) recevaient le représentant européen du HDP en Europe Eyyup Doru ainsi que le président honoraire et député HDP pour la ville de Izmir Ertuğrul Kürkçü.

Marie-Christine a introduit le débat en signalant que la démocratie en Turquie était bien plus qu’en danger et que la tentative de coup d’État militaire dénoncée par tous, en Turquie et ailleurs, servait actuellement largement de prétexte à une régression de l’état de droit. Les arrestations des députés du HDP en sont selon elle  l’un des plus grands exemples et elle a ajouté que s’étaient encore une fois les Kurdes qui en payaient le plus lourd tribut.

Elle a fortement critiqué par ailleurs la position de l’Union européenne qui doit cesser selon elle de se contenter de faire des simple déclarations d’inquiétudes visant à simplement réprimander l’attitude inacceptable et dangereuse du gouvernement de l’AKP et a prévenu que cette dernière portera une lourde responsabilité dans l’évolution de la situation si elle continue cette politique de l’autruche.

Bodil Valero s’est pour sa part exprimée sur la détérioration sans précédent de la situation en Turquie depuis plus d’un an et a insisté sur le fait que la Turquie, qui est en train de prendre la plus mauvaise direction possible en accumulant toute ces violations inacceptables des droits humains, s’éloignait à grand pas de l’UE. La Turquie franchit selon toutes les étapes de la démocratie et n’a cessé d’utiliser l’état d’urgence et la législation terroriste pour faire taire l’opposition kurde en Turquie et restreindre la liberté d’expression en général. Elle a également critiqué la passivité de l’Union européenne face à ces évènements.

Ertuğrul Kürkçü a enfin pris la parole pour retracer la logique de répression en cours depuis ces dernières années envers l’opposition kurde et l’indifférence générale à l’intérieur de laquelle ces actions prenaient place. Il a par ailleurs précisé que les purges de la sorte, effectuées en pleine nuit et sans mandats d’arrestations légaux au préalable ne relevaient ni du code pénal ni d’aucune autre loi, ajoutant que cela relevait simplement d’un enlèvement arbitraire de députés démocratiquement élus du HDP, soulignant que la Turquie fonçait droit vers un système dictatoriale sans équivalent, devant l’indifférence générale du monde entier.