Communiqué du HDP sur les attaques incessantes envers les locaux de notre parti

Le 17 décembre 2016, un attentat à la bombe tuait 14 personnes et blessait plus de 50 soldats turcs non armés à Kayseri. Comme lors des attaques précédentes, le HDP a condamné cette attaque dans les termes les plus forts.

Cependant, nous pensons qu’il est urgent d’aller au-delà des déclarations de condamnation et de prendre une initiative politique pour mettre fin aux stratégies militaristes qui représentent le contexte dans lequel beaucoup de nos citoyens sont tués quasi quotidiennement.

Malheureusement, le gouvernement Erdoğan-AKP n’est pas disposé à assumer une quelconque responsabilité politique à cet égard. Au contraire, ce dernier poursuit sa manœuvre de militarisation, de nationalisme raciste, de polarisation sociopolitique à outrance et canalise la colère accumulée dans la société contre le HDP. Cela constitue une politique de bouc-émissaire qui sert à couvrir sa propre responsabilité concernant l’état d’insécurité actuel dans lequel se trouve le pays.

Par conséquent, les 17 et 18 décembre derniers, des dizaines de bureaux de notre parti ont été attaqués par des groupes pro-gouvernementaux et ultranationalistes à travers le pays.
Peu de temps après l’attaque de Kayseri, des groupes pro-gouvernementaux et ultranationalistes ont attaqué notre bureau de la ville. Tandis que la police et les pompiers démantelaient le signe de notre Parti, ces groupes chantaient « Sang pour sang! Vengeance! Vengeance! ». Avant de brûler partiellement le bâtiment était suspendu un drapeau à trois croissants, emblème des ultranationalistes turcs. En même temps que le HDP, les bâtiments de l’EMEP et de la DISK (Confédération des syndicats progressistes de Turquie) ont également été attaqués et endommagés, tandis que les membres du CHP (Parti Républicain du Peuple) ont pratiquement évité de justesse d’être lynchés par des groupes similaires.
A Istanbul, nos bureaux de district se situant à Beykoz, Bayrampaşa et Eyüp ont été attaqués par pierres. À Bağcılar, des assaillants ont tenté de pénétrer dans le bureau. Selon les rapports initiaux de nos responsables provinciaux, des assaillants ont saboté notre bureau de district à Beylikdüzü et, à la suite d’un incendie, une bouteille de gaz a explosé et y a causé de grands dommages.
À Erzincan, le bureau de notre parti a été attaqué et la pancarte à l’effigie de notre parti a été détruit . Des groupes de nationalistes se sont emparés des meubles de bureau dans le district de Yenimahalle, à Ankara, et les ont brûlés. Pendant ce temps à Çanakkale, un groupe d’assaillants a attaqué notre bâtiment par jet de pierres. Lorsque les membres de notre parti ont réagi à ces actions, la police arrivée sur les lieux a répondu aux agressions par la détention de deux de nos collègues, sans tenir compte des véritables auteurs des agressions. À Darıca, un quartier de Kocaeli, le bâtiment de notre parti a été la cible de tirs 4-5 fois par un véhicule sans plaque.
Notre bureau à Çukurova, un quartier d’Adana, a été gravement endommagé. Notre bureau à Yıldırım, un district de Bursa, a également été endommagé et brûlé. Notre bureau à Buca, un quartier d’Izmir, a été pillé et le signe de notre parti a été démantelé. À Eskişehir, nos représentants de parti Zelal Yardımcı et Emine Kaya ont d’abord été attaqués par un groupe avant d’être détenus par la police. En plus des dommages causés par les groupes ultranationalistes, la police a arrêté 22 représentants de partis à Kırşehir. Un petit groupe a marché vers notre siège d’Ankara vers minuit et a chanté des slogans racistes. Plus tard vers 13h15, un autre petit groupe est revenu et a essayé de brûler notre siège général ainsi que les voitures garées dans le garage, malgré des douzaines de policiers en garde sur les deux côtés de la rue. En plus des bureaux du HDP, des étudiants kurdes ont également été attaqués dans les dortoirs de leur université. Les étudiants kurdes ont du quitter leurs dortoirs pour des raisons de sécurité alors que les foules se réunissaient autour des dortoirs et erraient dans les rues avec des voitures pour attaquer les Kurdes, visiblement en représailles de l’attentat à la bombe à Kayseri.
Des attaques semblables se sont poursuivies dans 5 villes et 7 districts le lendemain des faits, par des auteurs similaires. Les renseignements personnels concernant nos représentants provinciaux et de district ont été publiés sur les réseaux sociaux accompagnés par des récits racistes et provocateurs. La maison de Hasan Ekici, un ancien représentant de notre parti, a été la cible d’attaques à plusieurs reprises. Plus tard, ce dernier a été détenu avec deux autres représentants du HDP. Par ailleurs, un officier de police est tombé d’un toit et est mort alors qu’il était occupé avec des individus qui accrochaient un drapeau turc sur notre bureau de district à Istanbul.

Ce n’est pas la première fois que nos bureaux sont attaqués de la sorte. Entre avril et novembre 2015, des centaines de nos bureaux, y compris notre siège à Ankara, ont été attaqués par des foules racistes et beaucoup ont été incendiés. Ces attaques se sont produites devant les yeux de la police et du ministère de l’Intérieur, qui n’ont pris aucune mesure pour empêcher les attaques ou poursuivre les auteurs. Tout au long de ces attaques, toutes nos tentatives de communiquer avec les fonctionnaires de l’État et du gouvernement étaient restées sans réponse.

De telles attaques contre nos sièges, les membres et les partisans du HDP sont devenues monnaie courante en Turquie.

Aussi déconcertant que cela puisse paraître, le gouvernement n’a a aucun moment condamné ces flambées de violence visant notre parti à travers tout le pays. Un seul député de l’AKP et un ministre ont écrit via leur compte twitter que les attaques contre le HDP devaient être arrêtées. Le HDP est devenu le bouc-émissaire du régime Erdoğan-AKP pour ne pas assurer la sécurité des citoyens et détourner l’attention sur son abandon du processus de paix.

Nous invitons la communauté démocratique internationale à rappeler aux autorités turques leurs obligations, leurs demander d’agir dans le respect de la loi et d’arrêter les attaques contre le HDP.

Hişyar Özsoy
Co-président adjoint du HDP chargé des Affaires étrangères
Député pour la ville de Bingöl