Communiqué du HDP concernant les menaces d’invasion du canton d’Afrin et de la ville de Manbij dans la région kurde.

 

Le gouvernement de l’AKP continue d’être une menace pour la stabilité et la démocratie à l’intérieur comme à l’extérieur de ses frontières.
Tout en renouvelant l’État de siège de façon systématique et par l’adoption de décrets de lois qui visent à restreindre le fonctionnement du Parlement et des institutions nationales pour mieux utiliser ces derniers à son avantage, ce gouvernement exprime ouvertement son hostilité envers le peuple kurde et mène une guerre généralisée contre les élus kurdes et toutes les associations civiles démocratiques. Cette stratégie s’est soldée par l’emprisonnement de 9 députés et des milliers de membres de notre parti.

Parallèlement à l’intensification de ces arrestations arbitraires et illégales de nos députés, nos maires et représentants de la société civile, le régime de l’AKP, afin de recevoir l’appui de l’extrême droite turque, a déclaré ce samedi son intention d’occuper militairement la région kurde d’Afrin et Manbij dans la partie nord de la Syrie.

Les groupes islamistes présents à Idlib liés au gouvernement ont suite à cette déclaration aussitôt déployé leur artillerie contre la ville kurde d’Afrin, en ciblant les villages dans le sud du canton.

L’armée turque a simultanément bombardé les positions des forces de défense kurdes qui combattent aux côtés de la Coalition internationale contre Daesh dans cette même région.

En outre, samedi tard dans la soirée, les groupes extrémistes et l’armée turque ont attaqué les villages de Qere Baba, Ferferke et Pira Hesrekiya près de la frontière turque et les bombardements se poursuivent de façon régulière jusqu’à présent. Les sections locales ont également signalé de nouveaux déploiements de chars dans la région par l’armée turque.

Les troupes turques étaient entrées à Idlib il ya trois mois après un accord avec la Russie et l’Iran pour tenter de réduire les combats entre les forces gouvernementales pro-syriennes et les combattants rebelles dans cette partie de la Syrie occupée par les insurgés. Mais les quelques postes d’observation que l’armée turque dit avoir établi sont proches de la ligne de démarcation entre les terres rebelles arabes et la région d’Afrin contrôlée par les Kurdes et les autorités turques disent qu’elles sont susceptibles de chasser les Kurdes de Manbij, qui se trouve à l’ouest de l’Euphrate. Or ni Afrin ni Manbij ne représentent une menace pour la Turquie et n’ont jamais attaqué personne. L’État turc attaque ces entités parce qu’il craint les avancées des forces démocratique dans la région.

Cette réalité ne doit pas être négligée et des dispositions de la part de la communauté internationale doivent être immédiatement prises pour éviter ces agressions du régime d’Erdogan qui ne mèneront à rien d’autre qu’à de nouveaux troubles civils en Turquie et au Kurdistan ainsi qu’à une nouvelle vague de réfugiés qui viendra remplir les camps déjà surpeuplés aux frontières de l’Europe.

Eyyup Doru,

Représentant du HDP en Europe