Conférence de presse au Parlement européen sur l’offensive turque à Afrin

Une conférence de presse a été organisée ce mercredi 24 janvier au Parlement européen en rapport avec l’invasion par l’armée turque du canton autonome de Afrin dans le nord de la Syrie.

La conférence, qui était présidée par Marie-Christine Vergiat (GUE/NGL, FR) a commencé avec une introduction de la situation dans la région par Eyyup Doru, représentant du HDP en Europe et avaient pour intervenants Gabi Zimmer (GUE/NGL, DE, President) Costas Mavrides (S&D, Cyprus, DE) Rebecca Harms (Greens/EFA, DE), Branislav Škripek (ECR Slovakia) et David Vergili (ESU).

David Vergili, représentant de l’Union Syriaque en Europe s’est exprimé sur le danger que représentait de tels attaques pour les autochtones de la région et la possibilité d’un nouveau génocide pour les chrétiens et a dit attendre de l’Europe et de la communauté internationale qu’ils mettent fin à ces agressions et épaulent les forces démocratiques qui luttent contre Isis. Il a qualifié le projet démocratique en Syrie d’unique système qui puisse aboutir à une solution pour les peuples de Syrie.

Gabrielle Zimmer a pour sa part commencé son intervention en disant que ces offensives militaires de la Turquie visaient, au delà de le destruction des structures militaires du YPG, le projet démocratique pour la région dans sa totalité, projet qui a donné l’espoir d’une co-existence entre les peuples des différentes ethnies de la région. Elle a dit trouver incompréhensible et rejeter par la même même l’incapacité et le  manque de volonté de la communauté internationale d’émettre un discours claire sur ces attaques, et a dit que la Haute représentante Mogherini ne s’était prononcée que faiblement jusqu’à présent, ayant uniquement dit que l’UE était concernée et appelait à des garanties pour la sécurité de la population civile, déclaration qu’elle a déclaré presque risible.

La présidente du groupe de Gauche  a également appelé le Conseil et de la Commission à prendre leurs responsabilités pour s’assurer que leurs Etats membres ne fournissent plus d’armements et que le gouvernement allemand mettent fin à son export d’armes.

Rebacca Harms s’est pour sa part déclarée choquée par ce qui se passait à Afrin, disant que d’une certaine manière que ce qui se passait était quelque craint depuis longtemps et qui s’est finalement produit. Elle a souligné que plutôt que de rechercher des solutions on assistait à une intensification insensée des conflits dans cette région synonyme de paix, de multiculturalité, de vie positive ensemble entre des personnes issues de différentes religions et ethnies. Elle s’est également dite dévastée de voir s’étendre la polarisation existante en Turquie vers son pays voisin et a qualifié l’intervention militaire de cette dernière de violation du droit international. Elle a dit attendre de la communauté internationale, de l’Union européenne et de l’Otan que ces derniers se positionnent, elle a dit attendre également de la Russie qu’elle retire son soutien à cette intervention militaire et qu’elle arrête de soutenir cette occupation partielle de cette zone par la Turquie. Rebecca Harms a terminé son speech en dénonçant la vague d’arrestations en cours en ce moment envers les personnes qui ont pris la parole pour s’opposer à l’intervention militaire de la Turquie à Afrin.

Branislav Skripek a pour sa part dénoncé le fait que la turquie ne luttait pas contre le terrorisme mais au contraire supportait ce dernier. Il a mis l’accents sur le fait que la Turquie avait clairement dit qu’elle considérait Afrin comme arabe et projetait de chasser les populations kurdes de Afrin pour les remplacer par les réfugiés arabes, ce qui équivaut selon ses termes à une épuration ethnique. Enfin, il a appelé les Etats membres de l’UE à s’unir pour que cessent ces bombardements et a demandé à la Haute représentante Mogherini pour que la fédération de la Syrie du nord fasse partie des pourparlers de la paix dans cette région;

Costas Mavrides a aussi souligné que ce qui se passait à Afrin allait à l’encontre du droit international. Il a insisté sur le fait que l’on ne pouvait pas rester silencieux et a dit que ce qui passait depuis quelques décennies en Turquie démontrent qu’il y des choses qui ne changent pas dans ce pays. Il a souligné que le régime d’Erdogan s’en prenait à la région autonome des kurdes et d’autres groupes de la région et a dit que ce dernier qualifiait cette frappe de préventive envers une zone de la Syrie où des gens avec  des langues et des religions avaient trouvés un lieu sûr, dans une zone entourée des vicissitudes des guerres ces dernières années. Il a dit que l’attaque était menée par des groupes de mercenaires formés depuis des mois en Turquie et qui étaient ensuite envoyés se battre contre les kurdes et d’autres groupes, des gens qui soutiennent nos valeurs et nos principes en se battant contre Daesh.