Le RMDCP – Le FSM

Le Réseau Mondial pour les Droits collectifs des Peuples et le Forum Social Mondial

Espace de rencontre et d’action conjointe des peuples et nations sans Etat ainsi que des peuples autochtones de partout dans le monde, le Réseau Mondial pour les Droits collectif des Peuples a pour but d’unir ses efforts en vue de la reconnaissance et exercice du droit à l’autodétermination des peuples dans le contexte actuel de la globalisation.

En 1985 a eu lieu la première rencontre des peuples et nations sans état de l’ Europe qui a donné lieu a la mise sur pied de la Conférence des Nations sans État d’Europe (CONSEU). Il s’agissait d’accompagner le processus de construction européenne avec une plateforme des peuples sans état qui devait unir des initiatives politiques vers l’articulation d’une Union Européenne qui devait :

  • être respectueuse des droits culturels et linguistiques des communautés nationales sans un état propre,
  • accepter dans son sein le droit démocratique des peuples à l’autodétermination.

Au début du XXIe siècle, avec l’Union Européenne déjà pleinement constituée, les différentes réalités des peuples et nations sans Etat dans le monde ont pris une nouvelle dimension qui oblige à :

  • une reformulation des discours sur le droit à l’autodétermination des peuples, la diversité nationale, culturelle et linguistique, au-delà des Etats constitués ;
  • une configuration d’un nouvel ordre international en accord avec cette diversité.

C’est dans ce contexte que le Forum Social Mondial, en tant que lieu de rencontre à l’échelle globale des mouvements sociaux et expériences de lutte autour de l’idée qu’un autre monde est possible, est devenu le scénario idéal pour la construction d’un nouveau discours sur la globalisation de la part des nations sans Etats dans le monde.

Le Forum Mondial pour les Droits Collectifs des Peuples est une initiative du Centre International Escarré pour les Minorités Ethniques et les Nations (CIEMEN). Le CIEMEN veut réunir des représentants des mouvements sociaux, culturels, politiques et syndicaux des nations sans Etat et des peuples autochtones de partout dans le monde, afin de constituer officiellement le Réseau Mondial pour les Droits Collectifs des Peuples.

En 2008, le CIEMEN a initié une série de réunions internationales avec des représentants de partis, syndicats et mouvements sociaux des nations sans Etats d’Amérique, Europe et le Proche-Orient en vue d’articuler un « Espace pour les Droits Collectifs des Peuples » dans le cadre du Forum Social Mondial 2009 qui a eu lieu à Bélém do Parà  en Amazonie. Cette rencontre, qui a réussi à placer le droit à l’autodétermination des peuples comme un des principaux axes thématiques du Forum Social Mondial, a réuni des représentants des peuples balutxi, kurde, corse, cornique, catalan, basque, galicien, sarde, aymara, maya, quichua, tamil, amazigh, palestinien et sahraoui.

C’est lors de cette rencontre que c’est décidé la constitution formelle d’un Réseau Mondial pour les Droits Collectifs des Peuples.

La principale mission de ce Réseau est de constituer un espace de rencontre entre peuples et nations sans Etat et peuples autochtones de partout dans le monde qui devra :

  • permettre une meilleure connaissance réciproque des respectifs discours et pratiques atour de l’exercice des droits collectifs;
  • unir des efforts en vue à une plus grande visibilité des cas respectifs et, en général, de l’existence d’une diversité nationale, culturelle et linguistique qui ne se reflète pas dans la configuration actuelle de l’ordre international dominant.

Objectifs stratégiques

  • Établir des initiatives conjointes pour faire avancer la reconnaissance et l’exercice du droit à l’autodétermination des peuples.
  • Développer la capacité d’incidence du discours sur l’autodétermination des peuples dans les forums internationaux, que ce soit au niveau des états (NNUU), ou au niveau de la société civile (Forum Social Mondial).
  • Connaissance mutuelle en renforçant les respectifs mouvements pour l’autodétermination par l’entremise d’échange d’expériences.
  • Au niveau de la réflexion et de la pensée, approfondir et renouveler les discours sur l’autodétermination dans le nouveau contexte de la globalisation.
  • Tisser des liens de solidarité et visibilisation face aux vulnérations des droits humains en général dans les peuples et nations, spécialement ceux (culturels, linguistiques, civils, politiques) concernant les droits collectifs

Malgré toutes les objections, le niveau d’acceptation et de compréhension des droits collectifs des peuples a énormément évolué au cours de ces dernières années. L’ONU en est devenue la garante en les mentionnant explicitement dans la « Déclaration sur les droits des peuples autochtones », adoptée en 2007. Cette déclaration représente l’aboutissement de la lutte en faveur de la dimension collective des droits de l’homme ayant débuté par une série de conventions économiques, sociales et culturelles promulguées dans les années 60, même si elles ne mentionnaient pas clairement les droits collectifs. Toutefois, la formulation et la définition de cette déclaration sont loin d’être satisfaisantes, car elles donnent lieu à des interprétations arbitraires, notamment en ce qui concerne le droit collectif le plus fondamental : le droit à l’autodétermination.

Le respect de ce droit dépend en effet des instances internationales, qui décident des critères qui définissent certaines communautés en tant que peuples, quoique aucune définition du terme « peuple » ne soit pas encore reconnue de manière unique et universelle.

Le Réseau mondial pour les droits collectifs des peuples est un espace commun regroupant les mouvements et les organisations du monde entier qui agissent pour la reconnaissance, la promotion et la mise en oeuvre de ces droits.

Il s’agit d’un espace ouvert aux associations, aux organisations, aux mouvements sociaux, syndicaux et politiques dont la priorité est de promouvoir et de défendre démocratiquement les droits collectifs des peuples ainsi que leur droit à l’autodétermination.

Le Réseau, s’organisera et travaillera partout dans le monde pour :

  • la coordination et l’articulation des acteurs sociaux et politiques internationaux qui travaillent en faveur des droits collectifs des peuples ;
  • la légitimation des droits collectifs des peuples dont l’existence n’est pas pleinement reconnue dans l’ordre juridique international public ;
  • la reconnaissance du droit à l’autodétermination au-delà des territoires reconnus comme étant des colonies par les Nations Unies, pour l’étendre à tous les peuples qui souhaitent exercer démocratiquement leur droit de décider ;
  • la défense pour la reconnaissance des droits collectifs des peuples au sein des institutions et des organismes internationaux, en particulier aux Nations Unies ;
  • le soutien aux mouvements et aux organisations qui luttent pour leurs droits collectifs partout dans le monde ;
  • la recherche et l’application de modèles démocratiques et de formes politiques d’organisation de la société, qui dépassent les limitations de l’actuel modèle étatique, pour être plus inclusives, participatives, respectueuses de la diversité et des droits de l’homme individuels et collectifs dans le but de construire des sociétés plus démocratiques, justes et durables ;
  • la défense (face à tous les types d’agressions) du territoire, des langues et des cultures et des biens naturels, en tant que patrimoine de l’humanité et éléments essentiels à l’existence des peuples ;
  • la dénonciation de toute forme de répression allant à l’encontre de la défense légitime et de la cause des droits collectifs des peuples.

 

ValléeAoste

Eyyup Doru – Conférence Vallée d’Aoste